Bienvenue à Istanbul

"Sous les dernier successeurs de Constantin, alors que déjà les Ottomans arrivaient aux portes de Byzances, leurs oreilles étaient sans cesse frappées de ces mots: is tin bolin (à la ville), proférés par les Grecs des campagnes environnantes, lorsqu'ils parlaient de se rendre dans la capitale. Dans leur ignorance, les Barbares prirent cette phrase pour le nom même de la ville, et, lorsqu'ils s'en furent rendus maîtres, ils firent par corruption de is tin bolin Istambol ou Stambol, nom qu'ils changèrent aussi quelques fois, par un de ces jeux de mots familiers aux Orientaux, en celui d'Istambol, c'est-à-dire "la plénitude de l'islamisme". "Vue du dehors Hagia Sophia est méconnaissable en son état présent. La surchargeant de contreforts, les Ottomans en ont fait une masse formidable et trapue qui ne parviennet pas à alléger des minarets incongrus.[...]
Franchi le seuil, un vertige vous saisit devant cette coupole inouïe, projetée hors de toute mesure humaine par l'élan de cent sept colonnes. Quelle légèreté dans cette architecture fatidique, ces voûtes conçues selon des lois mystiques et dont la vibrante harmonie sut défier les séïsme! [...]
Peut-être éprouvera-t-on envers Justinien une sorte de rancune en identifiant les colonnes de porphyre rouge ou vert qu'il fit arracher aux temples d'Éphèse, de Delphes ou de Baalbek, au nom de la Sainte Trinité et pour le service de sa propre gloire. La mégalomanie n'était pas absente de son dessein et les astrologues de Byzances, redoutant Dieu sait quel présage, dissuadèrent à grand-peine l'empereur qui voulait entièrement couvrir Sainte-Sophie de plaque d'or."
(André Falk, Turquie, Coll petite planète, Seuil.)
POUR EN SAVOIR PLUS SUR LA MOSQUEE SAINTE SOPHIE
Grand Bazar
Dans cette ville tonique, la sérénité de la Süleymaniye ou le moment de keïf devant une tasse de thé ne sont que des pauses méritées dans une activité incessante. Istanbul est une fourmilière humaine où tout tourne autour de vous et dont le coeur, depuis le XVIème siècle, semble être le Grand Bazar dont les artères et les veines propagent la pression mercantile sur l'ensemble de la cité.
Mis à jour ( Samedi, 20 Février 2010 19:10 )